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Alain CARIGNON ?

La remise à flots du corrompu

 

DEMAIN GRENOBLE ET L'ISÈRE... des fidèles pour aider le corrompu à refaire surface

« Perspectives d’avenir »
Le 5 mai 1998 quand il est sorti de prison (il avait été incarcéré pour corruption le 12 octobre 1994 dans l'affaire de l'eau de Grenoble), Alain CARIGNON était statutairement démissionnaire du RPR, car privé de ses droits de vote et d’éligibilité. Il savait qu’il pouvait compter sur une association qui lui a été toute dévouée, DEMAIN GRENOBLE ET L'ISÈRE (DGI), créée le 12 décembre 1996 (n° 0381025143, préfecture de l'Isère). Cette association a été présidée par Liliane TERCINET, commerçante ; son siège social était fixé à Corenc au domicile de la présidente. DEMAIN GRENOBLE ET L'ISÈRE avait pour objet de « mener des réflexions et des actions de communication sur les perspectives d’avenir de Grenoble et du département de l’Isère en matière économique, sociale, politique, culturelle, touristique, environnementale... » (article des 2 des statuts modifiés le 27 juillet 1998).
En guise de « perspectives d’avenir », la tâche principale à laquelle s’est attelée cette association a consisté à faire oublier aux électeurs le lourd passé judiciaire d’Alain CARIGNON et à favoriser son retour à la politique et au pouvoir.
Au bureau de DEMAIN GRENOBLE ET L'ISÈRE on trouvait au poste de trésorier le publiciste grenoblois Michel TAVELLE qui, après avoir figuré en onzième position sur la liste socialiste pour les élections municipales de 1977, est devenu par la suite chargé de communication d’Alain CARIGNON.

L'exemple du Général de Gaulle !
Des adhérents du RPR isérois étaient les militants les plus actifs de DEMAIN GRENOBLE ET L'ISÈRE. Ils ont activement contribué à redorer l’image de leur champion au niveau local et national. DEMAIN GRENOBLE ET L'ISÈRE constituait une troupe qui regroupait et mobilisait de nombreux sympathisants : 1 100 adhérents annoncés en 1997 par la présidente Liliane TERCINET selon un article du Dauphiné Libéré de novembre 1997. Le même article signalait que Gérard DEZEMPTE, Yves MACHEFAUX, Maurice POINT, conseillers généraux et Pierre GASCON, ancien premier adjoint d'Alain CARIGNON à la mairie de Grenoble, ont assisté à une réunion publique pour soutenir le pensionnaire de la prison de Villefranche... construite par la société LYONNAISE DES EAUX.
C’est le 27 mars 2002 qu’Alain CARIGNON a prononcé un de ses premiers discours "publics". Il l'a réservé aux adhérents de DEMAIN GRENOBLE ET L'ISÈRE réunis en assemblée générale à Atria-Europole, à Grenoble. Plusieurs élus isérois de droite étaient présents : Gérard CARDIN, maire de Corps et conseiller général, Joël de LEIRIS, premier adjoint au maire de Meylan et ancien adjoint d’Alain CARIGNON à la mairie de Grenoble, Gérard DEZEMPTE, maire et conseiller général de Charvieu-Chavanieux (condamné en novembre 2006 pour discrimination raciale par la cour d’appel de Grenoble et qui s’est pourvu en cassation), Pierre GASCON, conseiller régional et ancien premier adjoint d’Alain CARIGNON à la mairie de Grenoble, Pierre GIMEL, conseiller régional et conseiller général, Thierry KOVACS, adjoint au maire de Vienne et conseiller régional, Philippe LANGENIEUX VILLARD, maire d’Allevard et conseiller régional, Christian RIVAL, maire de Morestel et conseiller général, Gérard SIMONET, maire de Romans et président du Pays Voironnais.
Dans son discours, Alain CARIGNON a pris l’exemple du Général de Gaulle « qui, en matière de droit, inversait les données » quand l’intérêt général l’imposait : « 1940, l’appel du 18 juin, qui lui valut condamnation à mort ; 1958, le retour au pouvoir, qui lui valut condamnation des juristes ; 1962, l’élection du président au suffrage universel qui lui valut accusation de forfaiture de la part du président du sénat. Tous les actes sur lesquels repose notre vie publique encore aujourd'hui ont un rapport douteux avec la légalité. »

 

Des militants UMP opportunément recrutés pour propulser le corrompu sauvé des eaux à la tête du parti en Isère

Le corrompu président
C’est aussi au nom de l’intérêt général bien compris que le corrompu a commis les méfaits qui l’ont conduit en prison. Ce discours de charlatan a marché si bien avec les adhérents de DEMAIN GRENOBLE ET L'ISÈRE qu'au moment venu, ces vaillants soldats ont adhéré en masse à l’UMP et assuré l’élection d’Alain CARIGNON à la présidence de la fédération iséroise de l’UMP le 12 avril 2003... avec 72,5 % des suffrages !
L'association DEMAIN GRENOBLE ET L'ISÈRE a été dissoute au cours d’une assemblée générale extraordinaire qui s’est tenue le 5 décembre 2003 à Domène, en présence d’Alain CARIGNON « ancien ministre, invité d’honneur. » La déclaration de dissolution indiquait qu’Alain CARIGNON avait pris « la parole pour remercier chaleureusement la présidente et le bureau, les adhérents, de leur amitié, et du combat mené parfois difficile et du soutien sans faille de DEMAIN GRENOBLE ET L'ISÈRE à son égard. »

Le corrompu candidat
Ce sont à peu près les mêmes fidèles qui, à l’automne 2006, ont désigné l'ancien maire de Grenoble, condamné pour corruption 10 ans plus tôt, comme candidat de l’UMP dans la première circonscription de l’Isère aux législatives de juin 2007. Ce choix a été entériné par la direction nationale de l’UMP. Son concurrent évincé de la candidature, le député sortant UMP Richard CAZENAVE, a déclaré par exemple au Dauphiné Libéré le 23 octobre 2006 : « Je ne veux pas donner une légitimité à une instance qui est l’émanation d’un corps électoral constitué dans les conditions que l’on sait et que j’ai dénoncées au mois d’avril. En aucun cas je ne confonds les militants dont je suis et que je respecte avec ceux qui ont été opportunément recrutés à la fin 2005 pour simplement fournir un pouvoir en blanc. »
UMP Isère : adhésions en masse pour propulser Alain CARIGNON président de la fédération du parti dans le département
(source : blog d'Alain CARIGNON, 05 janvier 2007)

Avant de quitter son poste de ministre de l’économie, des finances et de l’industrie, Nicolas SARKOZY a nommé dans l’Ordre National du Mérite Liliane TERCINET, au grade de chevalier. Le Dauphiné Libéré a rappelé ses états de service : plus de 50 ans de commerce en décoration intérieure à l’enseigne des BEAUX PAPIERS, fondatrice de l’UNION DES PROFESSIONNELS DE LA VIEILLE VILLE, membre fondateur de la FÉDÉRATION DES UNIONS COMMERCIALES, « fondatrice et présidente de DEMAIN GRENOBLE ET L'ISÈRE, (...) qui se signala surtout par un engagement très fort en faveur d’Alain CARIGNON, soutenant l’ancien maire dans son retour en politique, fondatrice et vice-présidente de GRENOBLE AVENIR ACTION PROJET (GAAP). »

 

GRENOBLE AVENIR ACTION PROJET : les fidèles naviguent en sous-marin

Cette seconde association, GRENOBLE AVENIR ACTION PROJET, constituée le 19 avril 2001, a été déclarée à la préfecture de l’Isère le 31 juillet 2001 par Henri BAILE, administrateur territorial, domicilié à Saint-Ismier, ancien secrétaire général adjoint de la mairie de Grenoble alors aux mains d’Alain CARIGNON. Henri BAILE est le président de GRENOBLE AVENIR ACTION PROJET et l’inévitable Michel TAVELLE le secrétaire.
On trouve au bureau Liliane TERCINET, vice-présidente, Alain BONNET, trésorier, et par ailleurs un des administrateurs de DEMAIN GRENOBLE ET L'ISÈRE, Gérard CARDIN, vice-président, maire de Corps et conseiller général, et Françoise PARAMELLE, vice-présidente, ancienne élue de l’équipe CARIGNON au conseil municipal de Grenoble et qui, à l’époque, a pourtant payé pour savoir, dans l’affaire de l’ASSOCIATION SOCIALE GRENOBLOISE (ASG), de quoi sont capables son héros et certains de ceux qui l’entourent (voir le livre Le système Carignon, pages 271 et suivantes, Raymond AVRILLIER/Philippe DESCAMPS ; La Découverte – Enquêtes ; avril 1995).
Les statuts prévoient le renouvellement par quart tous les trois ans des 12 membres (rééligibles) du conseil d’administration. Aucune modification de la composition du conseil d’administration n’a été déposée à la préfecture depuis juillet 2001. Selon ses statuts, GRENOBLE AVENIR ACTION PROJET a « pour but de rassembler les Grenoblois et les Isérois autour d’actions fédératrices et de prendre avec ses adhérents des initiatives afin que la ville, l’agglomération et le département retrouvent leur rayonnement. » Pour faire partie de l’association, il faut « être agréé par le bureau (...) L’appartenance à une formation politique dont les objectifs ne sont pas contraire à ceux de GRENOBLE AVENIR ACTION PROJET est admise. »
GRENOBLE AVENIR ACTION PROJET a pour tâche explicite d’épauler l’opposition municipale de Grenoble et pour rôle implicite de réintroduire les partisans d’Alain CARIGNON dans le jeu politique grenoblois alors que les exploits judiciaires de leur champion l’en avaient éloigné.

 

Législatives de juin 2007 : du flottement au naufrage dans la première circonscription de l'Isère

Avec ou sans Alain CARIGNON : flottement à l'UMP
Le personnel politique de droite en Isère a été partagé entre pro et anti-CARIGNON.
Certains des "anti" ont mis l’accent sur la malhonnêteté du personnage (Fabrice MARCHIOL, Mathieu CHAMUSSY). D’autres, plus prudents et plus accommodants avec les problèmes de moralité, ont déclaré que les sondages permettaient de se déterminer (Max MICOUD au Dauphiné Libéré le 19 septembre 2006 : « Si Alain CARIGNON était arrivé en tête, je me serais rangé derrière lui et j’aurais voté pour lui sans état d’âme. »). Max MICOUD a finalement rejoint des élus de droite de la première circonscription de l'Isère demandant au corrompu de se retirer au profit du député sortant, dans une lettre du 6 juin 2007. D’autres encore ont déploré la situation de concurrence entre les deux rivaux Richard CAZENAVE/Alain CARIGNON pour la candidature au poste de député aux législatives de juin 2007. C’était la posture adoptée par Marie-Christine TARDY, la maire de Meylan tandis que son premier adjoint, Joël de LEIRIS, qui fut un adjoint d’Alain CARIGNON à la mairie de Grenoble, est un fidèle supporter...
Alain CARIGNON a désigné comme suppléante aux législatives de 2007 Kitty LEQUESNE, qui fut directrice de campagne et mandataire financier de Marie-Christine TARDY pour les municipales de 2001 à Meylan. Il faut noter que l’UMP Isère qui organisait une réunion de soutien à Nicolas SARKOZY le 1er mars 2007 n’a pas invité le député sortant UMP de la première circonscription, Richard CAZENAVE. Celui-ci a publié une lettre ouverte entre les deux tours des législatives de juin 2007 : « Je ne donnerai pas de consignes de vote pour le second tour ; l'UMP m'ayant rendu ma liberté, je vais en faire bon usage comme je vous fais confiance pour faire bon usage de la vôtre. »

L'ami de Nicolas SARKOZY
Au plan national, si on rappelait souvent qu’Alain CARIGNON « participe chaque semaine aux petits déjeuners d’Edouard BALLADUR » (L’Essentiel de Grenoble du 12 décembre 2001), c’est surtout, selon Le Figaro du 14 avril 2003, le nom de Nicolas SARKOZY, un ami « qui ne lui a jamais tourné le dos » qui est revenu le plus souvent. Dans son blog, le 07 février 2007, le corrompu citait d’ailleurs une déclaration du ministre de l’intérieur, président de l’UMP et candidat à la présidence de la République, retranscrite dans le livre de Catherine NAY (Un pouvoir nommé désir, Grasset) : « Alain CARIGNON n’a bénéficié d’aucun enrichissement personnel. » Un avocat général déclarait à l’audience du 25 octobre 1994 « Qui paie ses dettes s'enrichit. Qui fait payer ses dettes par les autres s'enrichit plus encore » à propos de la prise en charge des cadeaux du corrompu par ses corrupteurs, dans l'affaire de l'eau de Grenoble.
D’après Le Nouvel Observateur, (mai 2002) Nicolas SARKOZY expliquait : « Il a payé sa dette à la société, non ? » Toujours ces histoires de dettes ! Comment comprendre cette déclaration du même Nicolas SARKOZY le 24 février 2007 à Perpignan ? « Comment les hommes politiques pourraient-ils avoir une autorité s’ils ne sont pas irréprochables ? »

Rigueur et dévouement de la mandataire financière d'Alain CARIGNON
Pour s'occuper de ses comptes de campagnes aux législatives de juin 2007, Alain CARIGNON se félicitait sur son blog (19 février 2007) : « Michèle POUGNAND, magistrate à la retraite qui termina sa carrière comme présidente de la chambre d'accusation de la cour d'appel de Lyon, habitant La Tronche, a accepté d'être le mandataire financier de ma campagne législative. Je suis très heureux que cette femme rigoureuse, généreuse, dévouée aux autres, ait accepté cette charge et d'exercer ce contrôle. »
Or 12 ans plus tôt, le 16 novembre 1995, les magistrats du tribunal correctionnel de Lyon jugeaient que « [parmi les vols en avion taxi de la compagnie SINAIR, payés par le groupe MERLIN et reprochés à Alain CARIGNON, demeure dans la prévention] le n° 52 du 26 septembre 1986, Grenoble/Tours/Grenoble, (...) la participation [d'Alain CARIGNON] à l’apéritif offert par Michèle POUGNAND n’étant nullement certaine. »
La générosité et le dévouement de la magistrate Michèle POUGNAND, invitant Alain CARIGNON à un apéritif le jour du vol n° 52, n'ont pas convaincu ses collègues de Lyon. L'ont-ils trouvée insuffisamment rigoureuse ?

Le naufrage
La candidate socialiste Geneviève FIORASO est devenue députée de cette première circonscription de l'Isère (cantons de Grenoble I, II et IV, Meylan et Saint-Ismier), taillée spécialement par... le ministre de l'intérieur Charles PASQUA il y a plus de 20 ans. Le score a été sans appel : 63,03 % des suffrages pour Geneviève FIORASO contre 36,97 % pour Alain CARIGNON.
Une cuisante défaite pour le corrompu, d'autant plus marquée que les taux de participation et de suffrages exprimés ont baissé au deuxième tour !

 

Un entourage un peu trouble

Président du conseil général de l’Isère à partir de 1985, Alain CARIGNON n’hésitait pas à créer en toute illégalité des postes pour ses amis. La cour administrative d’appel de Lyon, dans son arrêt du 29 juin 2004, a confirmé l’illégalité des contrats passés entre le président du conseil général de l’Isère, avec la complicité de Xavier PENEAU, directeur de cabinet, et certaines personnes membres de ce cabinet : Jacques Emmanuel SAULNIER, Hugues AMOURETTE, Thierry KOVACS, Gérard TOURNOUX, Pierre CORBET. Dans certains de ces dossiers, l’avocat des collaborateurs embauchés illégalement était Jean-Louis DUTARET, directeur de cabinets ministériels d’Alain CARIGNON et condamné comme lui dans l'affaire de l'eau de Grenoble.
Le tribunal administratif de Grenoble a annulé le 27 juin 2001 la décision illégale de Xavier PENEAU, directeur général des services du département de l’Isère, de signer avec Yves MACHEFAUX un contrat de prestation de services.
Il faut souligner que Xavier PENEAU a été promu le 22 décembre 2003 administrateur civil hors classe et nommé sous-directeur de la protection sanitaire à la direction de la protection du public à la préfecture de police pour une durée de trois ans par Nicolas SARKOZY, ministre de l’intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales, au ministère de l’intérieur. Suite à l’affaire de l’échangeur d’ALPEXPO qui a donné lieu au montage d’une opération délictueuse par Alain CARIGNON et XAVIER PENEAU, ces deux personnages doivent rembourser conjointement et solidairement aux contribuables du département 126 500 euros...
Encore une dette à payer !

 

 

NAC, août 2007